Enseigner la capoeira aux enfants : Quels procédés dois-je utiliser pour m’en sortir ?

Désormais bel et bien sorti de la clandestinité, la capoeira ne cesse d’attirer de nouveaux pratiquants.

Parmi eux, nous distinguons énormément d’enfants. La musique et la jovialité de cet art sont les aspects plus appréciés lorsque l’on demande aux enfants pourquoi ils accrochent autant à la capoeira.

Pour nous qui enseignons la capoeira, les avoir dans nos cours est toujours synonyme de vitalité et d’allégresse.

Néanmoins, plusieurs interrogations viennent à nous. Comment transmettre convenablement tout ce que j’ai appris ? Comment l’accompagner le plus loin possible pour qu’il puisse à son tour lui aussi passer le relai aux autres générations ? Quels sont  les outils nécessaires pour qu’il évolue correctement.

Plutôt que d’étudier le sujet selon mon angle de vue, et d’essayer d’élaborer un cours type, ou une série d’exercice, je me suis rendu compte que je devais aborder ce problème du point de vue de l’enfant.

 

Les besoins de l’enfant

Dans le cadre de la capoeira ou en dehors, les besoins de l’enfant restent identiques et sont triviaux. Un enfant a besoin de jouer, de s’ennuyer et nous verrons plus tard pourquoi ce point est essentiel, d’un environnement sain et stimulant.

Maintenant, j’aimerais que tu prennes le temps de te remémorer les souvenirs que tu as de ton enfance. Ferme les yeux si cela peut t’aider. Je pense ne pas me tromper si les souvenirs qui refont surface sont ceux où tu passais ton temps à jouer, gambader dans les parcs et construire des châteaux de sable!

L’enfant est attiré avant tout par le plaisir et l’exprime à travers le jeu. Les jeux représentent pour lui l’unique moyen d’apprendre et il demeure le moyen le plus efficace à ce jour.

Quand un enfant observe pour la première fois une roda de capoeira, la musique interpelle instantanément son attention, il sourit, il est enjoué et veut lui aussi prendre part à ce « jeu »…

ennui Jouer est une activité procurant du plaisir, de la joie. Passé un certain laps de temps, la sensation de plaisir peut s’estomper pour laisser place à l’ennui. Cette dernière loin d’être inutile, poussera l’enfant à transformer le jeu en question, à sortir de cette zone fade, où l’on se sent ni triste ni gai. Ainsi l’enfant développera sa créativité, qualité indispensable du capoeiriste.

Du jeu naît l’ennui et de l’ennui naît le jeu formant de ce fait un jeu de ping pong permanent.

Le milieu dans lequel il évolue  doit être suffisamment stimulant que son système nerveux se construise convenablement. Ce denier je le rappelle est primordial pour tous les processus cognitifs, la motricité globale et fine. Nous remarquons que l’environnement influence grandement le contenu et les capacités de son apprentissage.

En effet, un enfant bilingue par exemple aura beaucoup plus de facilité à apprendre une autre langue qu’un enfant qui n’en connait qu’une seule.

 

Enseigner la capoeira : vers une pédagogie bienveillante

Nous  avons tous la même finalité, passer et transmettre ce que nous savons. En revanche, plusieurs chemins existent pour parvenir à ce résultat. Il est inutile de connaître par cœur le tracé de tous les chemins mais il faut au contraire savoir quel est l’équipement le mieux adapté et connaître les fondements de base pour arriver à la destination finale

 

  La communication : se faire comprendre

La communication établit le lien entre l’enseignant et l’enfant. L’enfant étant venu de son plein gré pour venir faire de la capoeira, il sera disposé à t’écouter et échanger. Contrairement aux adultes, les enfants ont un vocabulaire relativement limité, il te faut donc utiliser et construire des phrases simples et concises.

N’utilise pas la logique, ni de raisonnements trop complexe qui risqueraient de les perdre mais essaie plutôt d’utiliser un langage imagé en ayant recours à des symboles qui sont beaucoup plus parlant pour un enfant.

Il est plus facile de dire à un enfant « Déplace-toi comme une grenouille » plutôt que de lui demander « de se mettre en position accroupi les mains placés au sol devant soi et d’effectuer des bonds de 1 à 2m de manière tout à fait aléatoire »

Ce moyen nous permet d’être vite compris, de gagner du temps, et de tisser du lien avec un groupe d’enfants en élaborant des codes de langage compris de tous.

 

Sélection et mise en place de l’environnement

J’insistais précédemment, sur l’importance de l’environnement pour stimuler le développement cérébral et neuronal de l’enfant. La capoeira a l’avantage de nous ouvrir à une culture immensément riche qui est la culture afro-brésilienne. Par le biais de la capoeira, les jeunes apprennent une nouvelle langue, l’histoire du Brésil et de son peuple, les anecdotes et les légendes qui ont fait de la capoeira ce qu’elle est aujourd’hui, le folklore brésilien, la musique, le chant.

Tous ces éléments devront transparaître dans l’espace où tu donnes cours, il faut en outre favoriser les échanger entre les élèves, les mélanger avec des plus petits, des légèrement plus grand mais aussi des adultes.

 

Pédagogie ludique

enfant-jeu L’enfant s’épanouit pleinement dans le jeu. La bonne nouvelle que je t’ai annoncée tout à l’heure est que l’enfant apprend par essence. Il n’est pas la peine de lui ordonner ou de lui suggérer qu’il y a un moment pour l’apprentissage. Il se réalise spontanément.

L’enjeu pour toi à présent est de mettre au point des activités lui permettant de mémoriser les compétences qui lui seront enseigné

Prenons l’imitation par exemple, tu t’es surement amusé étant plus jeune à imiter ton papa ou ta maman parce qu’ils sont une référence et un modèle pour toi. A la capoeira il se passe exactement le même phénomène, les enfants te copieront car tu représentes à leurs yeux l’archétype du capoeiriste. Ils copieront donc ta manière de faire tes mouvements, ta posture, mais aussi ta façon de parler, tes gestes, ton attitude. D’où l’importance d’avoir un comportement irréprochable pour ne pas porter préjudice plus tard à l’enfant.

Comme tu as pu le constater, je n’ai pas présenté de modèle de cours, ou proposé des séries d’exercice destiné aux plus jeunes. Notre rôle est au contraire de nous positionner en tant qu’éducateur-observateur pour modifier sans cesse notre approche en réponse au comportement de l’apprenti capoeiriste.

2 réflexions au sujet de « Enseigner la capoeira aux enfants : Quels procédés dois-je utiliser pour m’en sortir ? »

Laisse ton commentaire avant de partir