L’énergie dans la capoeira

L’énergie. Ce mot revient constamment, les capoeiristes n’ont que ce mot là à la bouche. Tantôt on en a, tantôt elle fait défaut. Difficilement quantifiable et relativement compliqué à qualifier nous pouvons néanmoins décrire ce qui se passe en sa présence. Cette description nous permettra sans aucun doute de cerner un peu mieux cet aspect de la capoeira

 Les 3 facteurs contribuant à mettre l’énergie

   La bateria

La bateria est sans conteste l’un des facteurs les plus influents de la ronde. Les berimbaus représentent le cœur de la bateria. L’importance doit être de mise sur l’accordage et l’harmonie des berimbaus entre eux  car c’est le détail que les gens percevront en premier en approchant de la ronde. Pourquoi selon toi lorsqu’un berimbau se brise, les joueurs au centre de la ronde arrêtent de jouer ?

   Le chœur

Une fois que la bateria est en place, le chœur entre en second plan.  Rôle souvent négligé par les capoeiristes, la fonction du choriste est pourtant bel et bien indispensable pour qu’une ronde puisse se dérouler convenablement. Si personne ne répond aux couplets du soliste, les deux joueurs auront bien du mal à jouer. Propre à toutes les manifestations circulaires, la disposition des capoeiristes limite la dissipation de l’énergie et augmente  la densité de l’énergie au centre de la ronde

   les deux personnes au centre de la ronde

Nos deux camarades au centre de la ronde constituent le dernier maillon de la chaîne. Hommes, femmes ou enfants peut importe leur âge, leur taille, leur expérience et leur condition physique, ils  contribuent en produisant du beau jeu. Les capoeiristes doivent jouer ensemble et non l’un contre l’autre pour espérer fusionner et faire déborder l’énergie de la ronde.

  Corrélation entre le nombre de participants et l’énergie de la ronde

L’enjeu d’une ronde est de faire en sorte que trois ces facteurs interagissent de la meilleure façon qu’il soit. Chaque composante influence positivement  les deux autres formant ainsi un cercle vertueux.

explosion énergieTout capoeiriste a goûté au moins une fois à l’extraordinaire sensation qu’est une ronde énergique. Pour ma part, je me suis rendu compte que les meilleures rondes n’étaient pas forcément celles où il y avait le plus de monde. Plus n’est pas forcément mieux, et cette remarque s’explique pour plusieurs raisons.

Avec l’augmentation du nombre de participants, on accroît la difficulté à maintenir l’unité de la ronde, le désordre s’installe. En thermodynamique, on appelle ce phénomène l’entropie. L’entropie d’un système peut soit demeurer constante ou augmenter, mais elle ne diminue jamais. L’unique façon de limiter le chaos dans une ronde est d’avoir un leader capable de diriger la ronde. Dans le meilleur des cas il est épaulé par des auxiliaires prêts à l’aider dans sa tâche. C’est pourquoi le gunga, berimbau qui commande la ronde, ne peut pas être tenu par une personne lambda. Un instrument aussi essentiel nous invite à être plus responsables et plus attentif au déroulement de la ronde que les autres.

Ainsi, le nombre de participants n’a pas d’importance. Le seul élément qui compte est le lien qui unit les gens présents dans la ronde. Pourquoi sont-ils venus ? Quelles relations existent-ils entre eux ? Quelles connexions ont-ils avec l’organisateur de la ronde ?

 

Influence de l’énergie  sur les joueurs au centre de la ronde

Malgré tous nos efforts pour tenter d’augmenter et conserver l’énergie d’une ronde, Celle-ci fuite inévitablement vers l’extérieur car l’espace n’est pas parfaitement isolé.  Néanmoins, c’est de cette façon que les curieux sont attirés et s’approchent pour observer l’intérieur du cercle !

Le mystère de la capoeira réside dans sa capacité à extraire nos douleurs, nos angoisses et nos craintes. Au milieu du cercle, la puissance du chœur et de l’orchestre nous subjuguent littéralement.  Nous sommes portés par cette force en action, nous rendant ainsi plus vaillant, plus alerte et plus euphorique.

Nous connaissons tous dans notre entourage des amis qui viennent au ronde nous expliquer qu’ils sont malades, blessés parfois même au bord du gouffre. Puis la minute d’après, nous les voyons jouer et gambader dans la ronde comme si de rien n’était.

Voici ce qu’est la magie de la capoeira, c’est tout simplement l’énergie.

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