Connaître l’histoire de la capoeira : Les 3 erreurs les plus courantes

Connaître l’histoire de la capoeira : Les 3 erreurs les plus courantes

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   De tous temps l’histoire a été écrite par les vainqueurs. Jules César rédige La Guerre des Gaules traitant de l’annexion de la Gaule par celui-ci.

 Homère écrit l’Iliade, récit commentant le siège de la ville de Troie par les Grecs.

 Les artistes comme les peintres, les sculpteurs, les poètes, les musiciens, les chanteurs assumaient aussi ce rôle à travers leurs œuvres. Un moyen pour eux de réaliser ce devoir de mémoire.

  Les capoeiristes de facto, font partie des perdants. Ils n’ont pas choisi d’aller au Brésil, bien au contraire, ils ont subi leur histoire avec parfois quelques sursauts d’orgueil. On en parlera d’ailleurs à l’issue de cet article.

  Difficile donc pour nous, de pouvoir étudier l’histoire de la lutte que nous pratiquons dans la mesure où une grande partie des documents officiels ont été détruits.

   En plus de la réduction d’information, nous devons être minutieux et méthodique en se confrontant aux faits historiques car nous ne sommes pas à l’abri des biais cognitifs.

 

Les Biais cognitifs

 Les biais cognitifs, termes utilisés en psychologie, représentent les mécanismes de pensées qui altèrent notre jugement et notre capacité à traiter l’information.

Il en existe plus d’une dizaine mais nous allons uniquement nous attarder sur ces 3 là

Le biais de narration

Analyser des faits, des vérités brutes en y instaurant une suite logique, voici ce qu’est le biais de narration.

  C’est notre incapacité à regarder deux événements sans y établir une relation qui épouse notre vision du monde.

  Expliquer les faits est rassurant. Elles donnent du sens à ces événements nous permettant de nous en rappeler beaucoup plus facilement.

Le biais narratif va souvent de pair avec le biais suivant.

Biais de confirmation

Le biais de confirmation consiste à omettre toutes les informations qui ne rentrent pas dans notre schéma de pensée.

  Nous sélectionnons les événements non plus pour leur pertinence mais parce qu’ils viennent confirmer la thèse que nous défendons ou notre vision du monde.

  Prenons le cas suivant, Le maitre Bimba a créé la capoeira regional.

  Je vais donc recueillir toutes les informations concernant ce fait là : les débuts du maître, le déclic, les entrevues des journalistes, les ouvertures d’académies, les passages à la télévision et ainsi de suite.

Je me retrouve donc avec une sélection d’informations qui confirment ma thèse initiale.

 Par contre, je vais omettre tout ce qui ne rentre pas dans ce moule là comme la relation qu’il avait avec sa famille, avec ses enfants et pleins d’autres sujets le concernant.

La vision a postériori ou l’ illusion rétrospective

Sans doute le biais le plus courant chez nous êtres humains.

  Voyons cet exemple de plus près, tout le monde considère que le maître Bimba est un génie car il a eu l’idée de transformer la capoeira en l’orientant vers quelque chose de plus martiale, de plus réglementée et plus méthodique. Il la dénommera lutte régionale bahianaise.

  Cependant, le maitre Bimba n’était pas le seul à avoir eu cette idée d’une capoeira plus structurée. Sa version de la capoeira a réussi à s’imposer et pas celle des autres. Est-ce dû au génie de celui-ci ? A la chance ?

  Bref, cela nous demanderait de creuser un peu plus et ce n’est pas le sujet de l’article.

  La vision a posteriori nous pousse à légitimer les événements passés comme étant la meilleure chose à faire ou bien comme étant la chose la plus naturelle qui soit.

 

   Au début l’article, je t’avais dit que les capoeiristes avaient eu des sursauts d’orgueils. Des petits moments de gloire qui leur ont permis l’espace d’un instant d’être maître de leurs destins.

  Quand je dis ça je pense bien évidemment au Quilombo dos Palmares, à la révolte des Malês, à la prise de la forteresse de Humaitá durant la guerre opposant le Brésil, l’Argentine et l’Uruguay face au Paraguay.

Des passages qui leur ont permis d’écrire eux aussi leur histoire que l’on retrouve notamment dans la tradition orale

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