Connaître l’histoire de la capoeira : Les 3 erreurs les plus courantes

Connaître l’histoire de la capoeira : Les 3 erreurs les plus courantes

Ecouter l’article 4min15 

   De tous temps l’histoire a été écrite par les vainqueurs. Jules César rédige La Guerre des Gaules traitant de l’annexion de la Gaule par celui-ci.

 Homère écrit l’Iliade, récit commentant le siège de la ville de Troie par les Grecs.

 Les artistes comme les peintres, les sculpteurs, les poètes, les musiciens, les chanteurs assumaient aussi ce rôle à travers leurs œuvres. Un moyen pour eux de réaliser ce devoir de mémoire.

  Les capoeiristes de facto, font partie des perdants. Ils n’ont pas choisi d’aller au Brésil, bien au contraire, ils ont subi leur histoire avec parfois quelques sursauts d’orgueil. On en parlera d’ailleurs à l’issue de cet article.

  Difficile donc pour nous, de pouvoir étudier l’histoire de la lutte que nous pratiquons dans la mesure où une grande partie des documents officiels ont été détruits.

   En plus de la réduction d’information, nous devons être minutieux et méthodique en se confrontant aux faits historiques car nous ne sommes pas à l’abri des biais cognitifs.

 

Les Biais cognitifs

 Les biais cognitifs, termes utilisés en psychologie, représentent les mécanismes de pensées qui altèrent notre jugement et notre capacité à traiter l’information.

Il en existe plus d’une dizaine mais nous allons uniquement nous attarder sur ces 3 là

Le biais de narration

Analyser des faits, des vérités brutes en y instaurant une suite logique, voici ce qu’est le biais de narration.

  C’est notre incapacité à regarder deux événements sans y établir une relation qui épouse notre vision du monde.

  Expliquer les faits est rassurant. Elles donnent du sens à ces événements nous permettant de nous en rappeler beaucoup plus facilement.

Le biais narratif va souvent de pair avec le biais suivant.

Biais de confirmation

Le biais de confirmation consiste à omettre toutes les informations qui ne rentrent pas dans notre schéma de pensée.

  Nous sélectionnons les événements non plus pour leur pertinence mais parce qu’ils viennent confirmer la thèse que nous défendons ou notre vision du monde.

  Prenons le cas suivant, Le maitre Bimba a créé la capoeira regional.

  Je vais donc recueillir toutes les informations concernant ce fait là : les débuts du maître, le déclic, les entrevues des journalistes, les ouvertures d’académies, les passages à la télévision et ainsi de suite.

Je me retrouve donc avec une sélection d’informations qui confirment ma thèse initiale.

 Par contre, je vais omettre tout ce qui ne rentre pas dans ce moule là comme la relation qu’il avait avec sa famille, avec ses enfants et pleins d’autres sujets le concernant.

La vision a postériori ou l’ illusion rétrospective

Sans doute le biais le plus courant chez nous êtres humains.

  Voyons cet exemple de plus près, tout le monde considère que le maître Bimba est un génie car il a eu l’idée de transformer la capoeira en l’orientant vers quelque chose de plus martiale, de plus réglementée et plus méthodique. Il la dénommera lutte régionale bahianaise.

  Cependant, le maitre Bimba n’était pas le seul à avoir eu cette idée d’une capoeira plus structurée. Sa version de la capoeira a réussi à s’imposer et pas celle des autres. Est-ce dû au génie de celui-ci ? A la chance ?

  Bref, cela nous demanderait de creuser un peu plus et ce n’est pas le sujet de l’article.

  La vision a posteriori nous pousse à légitimer les événements passés comme étant la meilleure chose à faire ou bien comme étant la chose la plus naturelle qui soit.

 

   Au début l’article, je t’avais dit que les capoeiristes avaient eu des sursauts d’orgueils. Des petits moments de gloire qui leur ont permis l’espace d’un instant d’être maître de leurs destins.

  Quand je dis ça je pense bien évidemment au Quilombo dos Palmares, à la révolte des Malês, à la prise de la forteresse de Humaitá durant la guerre opposant le Brésil, l’Argentine et l’Uruguay face au Paraguay.

Des passages qui leur ont permis d’écrire eux aussi leur histoire que l’on retrouve notamment dans la tradition orale

Etudier l’histoire de la capoeira: le bon angle d’attaque

Etudier l’histoire de la capoeira: le bon angle d’attaque

Quand on commence à étudier l’histoire de la capoeira, on rencontre plusieurs obstacles. 

Dans cette vidéo on verra les 2 principaux obstacles que tu rencontres en étudiant l’histoire. 

Puis, on verra comment contourner ces obstacles par un procédé facile à mettre en place. 

  A la fin de la vidéo tu seras en mesure d’appréhender n’importe quel thème ou sujet de l’histoire de la capoeira: L’histoire du Brésil, les flux migratoires entre l’Afrique et le Brésil, la capoeira du 19ème siècle, la capoeira du 20ème siècle… 

 

La capoeira expliquée à ta grand-mère

 La capoeira expliquée à ta grand-mère

Tu pratiques la capoeira depuis plusieurs semaines, plusieurs mois. Cependant, tes proches ne comprennent pas nécessairement ton engouement pour cet art et ce qui te motives à passer autant de temps à chanter dans une langue inconnue !

La grand-mère est le cliché la personne qui est souvent à la rue lorsqu’on lui parle de n’importe quel sujet. N’y vois rien de méchant, mais leur expliquer quelque chose est souvent un calvaire.

Par extension, tu dois définir clairement ce qu’est la capoeira et ce que tu fais lorsque tu te rends à tes cours à n’importe qui.

L’effet est double, tu partages ta passion avec les personnes que tu aimes et tu peux désamorcer beaucoup plus facilement les problèmes et les éventuelles disputes.

Zumbi Le seigneur de la guerre

Dandara a mulher guerreira

Qui était Ganga Zumba?

Histoire du Quilombo dos Palmares

Pastinha, une vie à travers la capoeira

L’hiver était plus frais que la moyenne en ce début de l’année 2012. C’est généralement la période où l’affluence des musées remontent. Admettons tout de même qu’il est beaucoup plus agréable d’être à l’abri, bien au chaud, et d’admirer les œuvres de nos prédécesseurs.

En déambulant dans les galeries du musée des Arts décoratifs à Paris, un couple attire mon attention. L’homme jetait un coup d’œil très bref aux œuvres, bayait aux corneilles, en quête d’une activité plus stimulante. La femme quant à elle semblait plus qu’absorbée par toutes les créations artistiques exposées tout autour d’elle. Pendant un cours instant, l’homme grogna quelques mots à sa femme en portugais puis s’en alla. Je décide d’engager la conversation avec ce monsieur.

Etonné de voir que je comprenne le portugais, ce bon monsieur semble enchanté. Je lui fais savoir que la capoeira m’a permis d’apprendre cette langue. A ces mots, l’homme m’apprend qu’étant plus jeune il a pris quelques cours de capoeira avec un certain Mestre Pastinha. Sur le moment, je trouve ça un peu gros ! J’ai à peine le temps de digérer ses paroles que le vieil homme prend congé de moi et décide de rejoindre sa femme qui a déjà atteint le bout de la galerie. Je lui dis au revoir, puis je continue de cogiter sur ce qu’il vient de me dire.

J’effectue brièvement le calcul pour savoir ce qu’il me dit est plausible. Un homme d’à peu près 70-80 ans sachant que Pastinha a enseigné à partir de 1935… c’est tout à fait plausible en vérité ! Je décide donc de retrouver le fameux couple. Hélas il était trop tard, il avait disparu, les anciens sont pleins de mandinga !

Un ancien élève de Pastinha qui vient à moi, comme la vie peut être surprenante. Tu n’as sans doute pas compris ma réaction au moment où le vieil homme a prononcé le mot « Pastinha ». Je vais par conséquent te présenter qui il était et quel rôle il a joué dans l’histoire de la capoeira.

 

  Les origines

Vicente Joaquim Ferreira Pastinha est né le 5 avril 1889 à Salvador d’une mère noire, Raimunda dos Santos et d’un père espagnol José Senor Pastinha.

Ce mélange assez atypique est dû à plusieurs facteurs. Depuis le 16eme siècle, les villes côtières connaissent un afflux important de populations venues du monde entier.  Une partie de cette population se compose des esclaves issus du Commerce Triangulaire.

L’autre partie sont des migrants venant principalement d’Italie, du Portugal et de l’Espagne qui fuyaient principalement les régimes politiques instables de l’époque. En effet, en Europe, à partir de la moitié du 19ème siècle, on assiste à de véritables soulèvements des peuples qui souhaitent mettre un terme à l’hégémonie des régimes monarchiques. Le Brésil est synonyme d’espoir et de renouveau pour la plupart des européens qui souhaitent reconstruire leur vie dans une atmosphère sereine et stable.

 

   La rencontre fortuite

Mestre Pastinha nous rapporte qu’il n’a pas appris la capoeira à l’école, mais que c’est le destin qui l’a conduit à la capoeira. A l’âge de 10 ans, un autre enfant plus grand que le petit Pastinha devient son rival. A chaque fois qu’ils se rencontrent, ils finissent par se bagarrer et malheureusement, le petit Pastinha perd toujours.

C’est en assistant un jour à la scène de combat qu’un vieil africain du nom de Benedito décide de prendre Pastinha sous son aile et lui dit qu’il n’a aucune face à ce garçon, étant donné leur différence de taille. Ainsi Pastinha débuta l’apprentissage de la « malice » et de la capoeiragem auprès du maître Benedito.

 

  L’appel de la capoeira

mestre-pastinha-foto1Après sa formation chez le maître Benedito, Pastinha rencontre de nouveau son rival et remporte cette fois la victoire en ne lui portant qu’un seul coup. Après cet épisode, ils se réconcilient et restent même bons amis. Par la même occasion, sa côte de popularité augmente à travers les rues de Salvador.

Jusqu’à l’âge de 21 ans, Pastinha étudie la peinture, l’art de l’escrime et suis des cours de guitare. Il passa même plusieurs années dans la marine de guerre. Cependant, il met fin à sa carrière dans la marine pour se dédier à ses passions : la capoeira et la peinture. De 1910 à 1913, il enseigne la capoeira de façon clandestine car la capoeira était interdite par le Code Pénal à cette époque.

En 1913, le maître Pastinha décide de mettre de côté la capoeira à cause de la sévère répression qu’elle subit. Une pause qui durera quasiment 20 ans où il travaille en tant que peintre, maçon, livreur de journaux et s’aventure aussi dans les maisons de jeu. Une période de la vie assez trouble du maître, qu’il n’aime pas se remémorer.

En 1935, Mestre Pastinha ouvre sa première académie près du quartier du Pelourinho. 6 ans plus tard il déménage dans le quartier du Pelourinho crée le CECA : centre sportif de capoeira angola.

 

  Pour le meilleur et pour le pire

Le maître Pastinha se distingue parmi les maîtres de sa génération. Au fil du temps, il développa ses capacités à enseigner, fut l’un des premiers à mettre en place une méthodologie d’enseignement. Il fut le premier à décrire et poser les bases de la philosophie de la capoeira.

Son école forma de nombreux maîtres dont certains sont encore en activité aujourd’hui : maître João Grande, maître João Pequeno, maître Curió, maître Bola Sete, maître Boca Rica pour ne citer qu’eux.

pastinha-e-jorge-amadoSon école attira de nombreuses personnalités comme, le dessinateur Carybé et l’acteur français Jean-Paul Belmondo, l’écrivain Jorge Amado. En 1964, Pastinha écrit un livre intitulé Capoeira Angola avec l’appui de Jorge Amado qui deviendra son ami par la suite.

Pastinha et son groupe se présentèrent dans plusieurs états du Brésil afin de faire découvrir la capoeira Angola. En 1966, Il reçut l’honneur de représenter la délégation brésilienne au 1er Festival des Arts Nègres à Dakar.

En 1973, les premiers déboires de Vicente Ferreira Pastinha commencent. Il est expulsé de son académie par la fondation du Patrimoine prétextant qu’il lui attribuera un nouvel espace. En dernier recours, il trouve refuge dans une chambre avec sa femme sa fille et ses trois petits fils en s’apercevant qu’il n’obtiendra jamais de nouveaux locaux. Ces évènements tragiques impactent la santé du Maître Pastinha qui entre en dépression et perd considérablement la vue. Malgré la bonne volonté et les bons soins de sa femme Maria Romélia Costa Oliveira, Vicente Joaquim Ferreira Pastinha meurt le 13 novembre 1981 d’un arrêt cardiaque.

Triste fin pour un monsieur qui a consacré sa vie à la capoeira… Et toi comment aurais-tu réagis à ma place en parlant à ce vieil homme dans le musée ?

 

Ressources

A biografia do Mestre Pastinha, Blog Capoeira Exports

The Tradition of Capoeira Angola, Capoeira Angola Center

Vicente Ferreira Pastinha, Fundaço Arte Vida Capoeira

Maître Pastinha, Capoeira-infos.org

Musée de l’Immigration de l’état de Sao Paulo

 

 

Ce qu’il faut savoir sur la mandinga

 

Artigo disponível em português aqui! O que você precisa saber sobre Mandinga

Mandinga est un groupe de pop roumain créé en 2000 par 4 musiciens. Depuis leur création, ils ont déjà changé trois fois de vocalistes. Elena Gheorghe a quitté le groupe en 2005, Elena Ionescu en mars 2016 et aujourd’hui c’est l’espagnole Barbara Isasi qui la remplace…

Très bien, soyons sérieux deux minutes et abordons la mandinga dans un autre registre!

La mandinga est un des concepts les plus difficiles à saisir. Tout le monde sait vaguement de quoi il s’agit et a entendu ce mot là plusieurs fois. Comme la plupart des notions abstraites que l’on retrouve au sein de la capoeira, la cerner est digne d’un exercice d’équilibriste.

 

  Besouro Manganga: mandingueiro de légende

 

Manuel Henrique est né en 1895 à Santa Amaro, une ville situé dans l’etat de Bahia.

Il aimait se battre avec la police et ne perdait jamais face à eux, ce qui a permis d’augmenter sa notoriété dans la région à une époque où pratiquer la capoeira et autres actes de malandragem était sévèrement réprimé. Quand le nombre de policier venait à être trop grand il se transformait en scarabée et parvenait à s’échapper d’où l’attribution du surnom de Besouro Manganga.

Beaucoup de ces contemporains ont assimilés cette faculté à se tirer d’affaire à son appartenance au condomblé.

Le condomblé est une religion afro-brésilienne. Originaire des trois nations africaines suivantes Ketu-Nago, Angola-Congo et Jeje, elle est basée sur le culte des orixas*. J’aurai l’occasion d’approfondir ce sujet lors d’un prochain article dédié au condomblé.

La mandinga* du condomblé rendait le corps de Besouro « fermé » insensible aux balles et aux pointes des couteaux.

D’autre part, son cousin et disciple Cobrinha Verde nous relate avec quel brio Besouro parvenait à renverser des situations délicates à son avantage.

 

Qui dit mandinga dit candomblé?

Connaissant maintenant l’histoire de Besouro, il serait légitime de penser que la mandinga s’acquiert à travers le candomblé ou par extension à travers une religion permettant d’y accéder. En vérité ce n’est pas aussi simple que cela.

As-tu déjà entendu parler des mandingues ? Les mandingues constituaient le plus grand groupe ethnique de leur époque. L’empire mandingue, aussi appelé empire du Mali fut fondé par le roi Sundiata Keita au XIII siècle.

L’empire du Mali s’étendait entre le Sahara, la forêt équatoriale, l’océan Atlantique et la boucle du Niger. Avec nos cartes actuelles il se situerait au Mali, Burkina Faso, Sénégal, Gambie,Guinée, Guinée-Bissau, Mauritanie et sur une grande partie de la Côte d’Ivoire.

Très présente en Afrique occidentale, beaucoup de mandingues furent embarqués dans les négriers pour traverser l’Atlantique durant la traite négrière entre le XVI et le XVIIIème siècle.

Ainsi, mandinga désignait à cette époque, un groupe ethnique originaire d’Afrique de confession musulmane. Ceux-ci avait pour habitude de porter un collier avec à l’extrémité un bout de cuir où était inscrit des passages du Coran. Les africains n’appartenant pas à cette ethnie qualifiaient ce pendentif de patuá*.

Etant plus instruit que la moyenne, les esclavagistes leur donnaient des postes de confiance, notamment celle de capitão do mato*.

Les mandingues avaient pour rituel de se réciter quelques versets du Coran pour se reconnaître entre eux. Cette pratique permettait d’identifier et de capturer immédiatement les esclaves fugitifs qui tentaient de prendre l’apparence des capitães do mato: coiffé d’un turban et la patuá autour du cou. Cependant, il n’y avait pas d’inscription sur leur bout de cuir.

Les autres goupes ethniques assimilaient cette identification mutuelle à un rituel magique et conféraient au patuá des pouvoirs surnaturels qui permettaient aux mandingues de les démasquer.

Candomblé, Islam. Nous pouvons voir à travers ces exemples que la mandinga a des liens tangibles avec la religion. Cependant, la mandinga prend un sens légèrement différent à l’intérieur de la ronde.

 

Mandinga, L’art de feindre

 

Dans les rodas de capoeira, la mandinga est l’art de feindre. Elle est la capacité à dissimuler ses réelles intentions pour atteindre ses objectifs. Le mandingueiro joue sur les apparences et réussit à tromper son camarade de jeu en interprétant des sentiments ou des comportements qui n’existent qu’en apparence.

Le mandingueiro fait preuve de malice et de sagacité. « Finge que vai mas não vai ». La mandinga est l’artifice du capoeiriste qui lui permet de se sortir d’une mauvaise posture.

Il faut noter tout de même, que le capoeiriste n’est pas forcément mandingueiro, mais aussi que tout mandingueiro n’est pas nécessairement capoeiriste. Il existe des capoeiristes qui ne possèdent absolument pas cette capacité à tromper l’autre. Tout comme il existe des mandigueiros, qui sans pratiquer la capoeira possédait en eux cette magie qui leur permettait de disparaître ou de se tirer d’affaire.

Il est de ton droit de savoir si tu peux espérer un jour utiliser la mandinga, ou bien la développer. C’est assez délicat car la mandinga ne peut être enseigné, il n’existe pas de cours de mandinga à ce jour ! Néanmoins, rien ne t’empêche d’observer les vieux maîtres, de les questionner au sujet de la mandinga. Le jeu en vaut la chandelle car elle te sera utile dans la ronde mais aussi dans la vie de tous les jours.

 

Lexique

 

Mandinga : peut être traduit par le terme de magie blanche

Orixa : divinité du candomblé

Patuá : amulette

capitão do mato : chasseur d’homme, chargé de capturer les esclaves en fuite.

« Finge que vai mas nao vai » Il feint qu’il s’en va mais ne s’en va pas

 

En savoir plus

Les Mandingues, article Wikipédia

A Capoeira Mãe de João Pequeno , entrevue de Rui Takeguma