Les bases de l’entraînement de capoeira en extérieur

Après avoir effectué une saison complète de capoeira avec ton professeur/maître à l’académie ou bien dans ta salle de sport, vient le moment de la trêve estivale. Beaucoup de capoeiristes ne survive pas à cette période et finisse par abandonner lamentablement la capoeira ou bien souffre terriblement lors de la reprise des cours.

 

Si jamais tu te reconnais dans cette description, sache que je ne tiens nullement à te blâmer. Continuer la capoeira pendant les périodes creuses est difficile, il faut se motiver pour aller dépenser de l’énergie, mettre à l’épreuve notre volonté.

 

En s’y penchant de plus près, nous remarquons que nous passons notre vie à obtenir plus de confort et à réduire nos dépenses énergétiques. Les mères de famille utilisent des poussettes pour soulager leur dos. La voiture nous permet de parcourir des distances à une durée inimaginable il y a tout juste un siècle en arrière. Et le fils du voisin ne se fatigue même plus à marcher, il a un hoverboard ! C’est dire à quel point notre civilisation a optimisé sa capacité à fournir le moindre effort.

 

Trouver la volonté de s’entraîner n’est pas chose aisée, Les obstacles sont nombreux et coriaces. Imagine un instant le cas d’un enfant qui souhaite apprendre à nager. Il s’en va demander de l’aide au maître-nageur. Ce dernier ne peut pas prendre l’enfant et le jeter du haut du tremplin de la piscine ! Cette méthode est trop dangereuse.  Au contraire, il commencera d’abord par le mettre dans le petit bain, là où l’enfant aura pied, puis lui enseignera petit à petit les gestes de la nage, la posture du corps. Puis selon l’avancement de l’enfant il augmentera progressivement la profondeur du bassin. Tu dois procéder exactement comme le maître-nageur pour te forger une volonté à toute épreuve, progressivement en y allant par étape. Notre volonté est comme un muscle, plus on le sollicite plus il se renforce.

 

Seul ou à plusieurs

 

L’union fait la force dit le proverbe. Etre en contact avec une ou plusieurs personnes est extrêmement bénéfique pour ta pratique. La force du groupe est un excellent moteur pour oser le premier pas et réussir à s’entraîner, chaque membre peut s’encourager et se remotiver mutuellement. C’est très rassurant au début lorsque tu doutes et que tu ne sais pas par où commencer. Si tu as moins d’expérience tu peux demander de l’aide ou à l’inverse donner un coup de main aux personnes avec qui tu t’entraînes.

 

À terme tu parviendras à t’entraîner seul. Je dirai même que tu y seras obligé car il y aura forcément un jour où tes compagnons de fortune ne seront pas disponibles. Je dois t’avouer que plus le temps passe plus le nombre de mes séances de capoeira en solo augmente. N’aie pas de rancœur envers eux, c’est inutile. Relève-toi les manches et prépare-toi pour l’entrainement.  Travailler seul est positif sous plusieurs aspects, la différence se ressent sur ta capacité à rester focaliser, être réceptif aux sensations de ton corps. C’est une lutte contre soi-même. Un combat permanent qui nous oblige à repousser nos limites physiques et mentales qui nous impose un retour aux fondamentaux. À chaque séance tu en ressors grandi, avec le sentiment du devoir accompli et pour cause, une épreuve en solitaire est toujours aussi marquante.

 

Je pratique la course à pied assez régulièrement et on ressent exactement le même sentiment. Les premières minutes sont toujours les plus compliqués, j’ai envie de m’arrêter, puis commencent les reproches, les phrases négatives voire même les injures. Passé un certain laps de temps, mon cerveau se fatigue, à partir de cet instant précis une nouvelle course commence, je me connecte avec mon environnement, je redirige mon attention sur mes pas.  Porté par l’élan, ma foulée s’allège et je ressens au fur et à mesure du plaisir à courir.

 

Alterner le travail en groupe de trois et le travail en solo constitue pour moi l’arrangement parfait en cas d’arrêt prolongé. Pourquoi 3 ? J’ai constaté après plusieurs années que c’est le chiffre le mieux adapté au travail de groupe, au-delà il est plus difficile d’aller au bout de soi-même. Mais entendons-nous bien, il vaut mieux travailler en plus grand nombre que ne rien faire du tout. L’organisation sera plus compliquée que d’habitude voilà tout.

 

Par ailleurs, j’inclue aussi la pratique des instruments et du chant qui représente un des piliers de la capoeira. En effet, ta session peut être uniquement axé sur la musique, c’est un des avantages de la capoeira. Si tu es blessé ou que tu manques d’espace, rien ne t’empêche de parfaire ta maîtrise du berimbau, de réviser tes toques au pandeiro ou bien de pousser la chansonnette.

 

Quoi et comment? 

 

Dans le meilleur des cas tu peux demander à ton maître, ton professeur ou à un gradé de ton groupe quelques conseils pour organiser des sessions d’entraînements à plusieurs. Ils seront mieux qualifiés que moi pour te dire ce que tu dois bosser en priorité.

 

Néanmoins, tu peux tout aussi bien te concocter un programme pour une durée déterminée où tu reverras certains mouvements. Pour cela tu dois te fixer un objectif précis et établir un calendrier que tu devras respecter.  Si ton objectif est de conserver ton niveau, garde le même rythme que tu avais. Il était d’une fois par semaine pendant 2h, dans ce cas-là tu pratiques au minimum une fois par semaine pendant 2h. Tu veux mettre en place une routine tous les matins, tu es en mesure de dégager 15 minutes en moyenne au réveil. N’hésite pas et commence tout de suite, mets dans les commentaires ce que tu comptes faire pour motiver les autres lecteurs. N’exécute pas trop de mouvements durant ta session car il vaut mieux reproduire un mouvement cent fois que cent mouvements une seule fois

 

Le principe 20-80 nous dit la chose suivante : 20% des efforts nous fournissent 80% des résultats et vice versa. En d’autres termes, tu dois privilégier les mouvements qui suivent ce principe, pour le reste fait le uniquement s’il te reste du temps. Je te renvoie vers un article que j’ai écrit en cliquant pour connaître les mouvements de capoeira à bosser en priorité. Une bonne séance consacre une grande partie à la ginga. “Procure gingar sempre”* disait Maître Bimba. La ginga est à la base de tout. Elle est à la fois le début et la fin. La ginga est au capoeiriste ce que la respiration est à l’Homme.

 

 

En savoir plus

The Willpower Instinct, Kelly McGonigal   Si tu veux apprendre à dompter ta volonté,

 

Lexique

Procure gingar sempre Signifie littéralement recherche toujours à pratiquer la ginga. Quoiqu’il arrive arranges toi pour faire la ginga.

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